terça-feira, 8 de maio de 2012

Une corruption très royale


Au Maroc, une corruption très royale


Interdit comme la plupart des ouvrages mettant en cause la monarchie,Le Roi prédateur, Main basse sur le Maroc, de Catherine Graciet et Eric Laurent, fait un tabac depuis sa sortie au début du mois de mars (1). Le titre provocateur mais, surtout, le contenu assez accablant pour Mohammed VI et certains de ses proches ont en effet conduit plusieurs sites locaux à le mettre en ligne, en français et en arabe. Les interventions et les menaces de sanction de l’éditeur n’ont pas eu d’effet réellement dissuasif.
L’engouement des Marocains pour ce livre n’est évidemment pas étranger à la situation que connaît depuis plus d’une année le royaume dans la foulée des révoltes arabes. Représentés par le Mouvement du 20 février (2), des dizaines de milliers de Marocains ont manifesté presque toutes les semaines en 2011 dans de nombreuses villes du pays pour que cessent la corruption et les passe-droits et que s’instaure une véritable démocratie. Deux hommes, deux conseillers et amis du roi, incarnent à leurs yeux les dérives du régime : Fouad Ali el Himma et Mounir Majidi. Les manifestants les accusent d’être les principaux animateurs d’un petit groupe d’affairistes qui a entrepris de faire main basse sur le Maroc au profit de la monarchie et de ses affidés.
« Quand on est du peuple, Sire, on a toujours quelque chose sur le cœur », écrivait Victor Hugo. Or, Le Roi prédateur conforte tristement la belle intuition de l’auteur des Misérables. Bons connaisseurs du pays (3), les deux auteurs ne mettent pas seulement en lumière les pratiques mafieuses de proches de Sa Majesté mais démontent un système qui conduit le peuple marocain à engraisser à son corps défendant une nomenklatura aussi avide que cynique, à commencer par la famille royale.
Avec un culot monstre et un rare cynisme, les hommes d’affaires du souverain ont expliqué à qui voulait les entendre au début des années 2000 qu’un « champion national » devait être « un leader dans son domaine, faire office de locomotive pour les autres entreprises et servir de levier pour tirer un secteur vers l’excellence ». Mais, affirment les auteurs, loin de donner l’exemple comme ils le prétendaient, on s’est vite aperçu que, pour ces étranges businessmen, le champion national est en réalité « une entreprise dont le roi est actionnaire et qui n’accepte d’évoluer que dans un contexte de monopole ou, à la rigueur, de quasi-monopole... Aucune concurrence sérieuse n’est tolérée et tous les moyens sont mis en œuvre pour parvenir à ces fins, y compris le recours à une justice peu réputée pour son indépendance ».
Même si les faits évoqués sont pour l’essentiel connus grâce au travail courageux de la presse marocaine indépendante qui, à ses risques et périls, a rendu compte à maintes reprises ces dix dernières années des magouilles et coups tordus des gestionnaires de la fortune du monarque (4), le livre a le mérite d’offrir une synthèse complète de leurs agissements — enrichie d’utiles précisions — ainsi qu’un éclairage édifiant.
Il apporte également ce que l’hebdomadaire Tel Quel a qualifié récemment de « plus-value », à savoir le témoignage « on the record » de Khalid Oudghiri, ex-patron de la banque Attijariiwafa, porté aux nues avant d’être écarté brutalement, poursuivi, condamné et finalement gracié juste avant la sortie du livre… La gestion de cette affaire en dit long sur la manière dont le régime est capable de fabriquer un coupable. Ancien du groupe BNP-Paribas, banquier aux compétences reconnues internationalement, M. Oudghiri, qui possède la double nationalité française et marocaine, a su distiller soigneusement ses confidences et si le Palais l’a « gracié », c’est qu’il ne tenait certainement pas à ce qu’il fasse de nouvelles révélations aux conséquences ravageuses.
L’affrontement de Khalid Oudghiri avec Mounir Majidi et ses amis affairistes était inévitable pour au moins trois raisons : d’abord, parce que M. Oudghiri avait clairement exprimé son souci de désengager le souverain du cœur de l’économie du royaume afin d’éviter une regrettable confusion des genres. Ensuite, parce qu’il n’avait jamais caché sa volonté de lutter contre la corruption au Maroc (5). Enfin, parce que ses bons rapports avec le monde des affaires français l’auraient certainement amené à dénoncer le comportement de Majidi et consorts à l’égard de grandes sociétés françaises.
De fait, Khalid Oudghiri évincé, Majidi et Hassan Bouhemou, son« impitoyable éminence grise (6) » peuvent parachever la mise à l’écart de deux groupes français très présents au Maroc : Axa et Auchan. Même si le Maroc avait de bonnes raisons de revoir les conditions trop avantageuses qui avaient été consenties aux deux entreprises, la désinvolture avec laquelle MM. Majidi et Bouhemou opérèrent choqua d’autant plus leurs dirigeants que du temps de Hassan II, de telles « mauvaises manières » n’auraient jamais pu avoir cours ! Il ne s’agit pas de reprocher aux deux hommes de s’être montrés intraitables en affaires mais de n’avoir respecté aucune des règles qui s’imposent dans les négociations commerciales. « Mounir Majidi et Hassan Bouhemou dégagent des bénéfices record et se prennent pour des hommes d’affaires, note Khalid Oudghiri. Mais quel est le rapport avec l’économie réelle quand tout cela est guidé par l’arbitraire royal ? Aussitôt que quelqu’un s’exprime au nom de la volonté royale, personne ne peut s’y opposer ». 
En s’appuyant sur une justice aux ordres, en bénéficiant de la complaisance du gouvernement, en jouant sur la peur des responsables de déplaire à Sa Majesté, en bénéficiant de la complicité du gendarme de la Bourse, MM. Majidi et Bouhemou ont pu non seulement évincer les deux groupes français mais, plus grave, faire main basse sur l’économie marocaine. Les entreprises contrôlées par le monarque sont ainsi devenues de véritables machines à cash alimentées par les consommateurs marocains...
Les auteurs évoquent également « la candeur » du monde des affaires français convaincu que le marché marocain était définitivement acquis et qu’une intervention de la diplomatie française permettrait de régler ces « malentendus ». Mais, comme le relève Catherine Graciet, « il n’y a eu aucun relais politique pour les industriels français car pour l’Elysée ou le Quai d’Orsay, on ne touche pas à la stabilité du Maroc : c’est une loi non écrite ! »
Pour les deux auteurs, il est temps que la diplomatie française fasse son aggiornamento tant sa vision des relations bilatérales est dépassée : avec la victoire du Parti de la justice et du développement (7), la menace islamiste ne tient plus la route et envisager le Maroc comme relais diplomatique de la France n’a plus de sens depuis l’avènement de Mohammed VI, compte tenu de l’absence de ce dernier sur la scène internationale, contrairement à Hassan II.
Catherine Graciet et Eric Laurent se montrent sans doute excessifs en écrivant que, à l’inverse des diplomates américains qui tissent des liens avec l’ensemble des acteurs de la société civile, « les Français préfèrent singer le makhzen dans ce qu’il a de plus vil : l’attitude du serviteur qui ne bronche jamais et acquiesce en permanence ». Si, jusqu’à nouvel ordre les Etats-Unis ne sont certainement pas un modèle de diplomatie à l’égard du monde arabe, il n’en reste pas moins que la complaisance des dirigeants français à l’égard du royaume est de plus en plus incompréhensible.
Pour les auteurs, le soutien de la France au Maroc est d’autant plus surprenant que Mohammed VI a montré qu’il était « à contre-courant des aspirations et des mouvements de fond qui agitent les sociétés des pays arabes et musulmans ». 
Pour Catherine Graciet, « le régime, dont l’affairisme est ouvertement dénoncé, n’a pas d’autre choix que de se réformer : ou bien, il se retire des affaires, ou il s’expose à ce qui s’est passé dans d’autres pays arabes ».
Ignace Dalle est journaliste, auteur notamment de Hassan II. Entre tradition et absolutisme, Fayard, Paris, 2011.
(1) Le Seuil, Paris, 2012, 17,80 euros. L’hebdomadaire Tel Quel a toutefois publié des extraits du livre dans sa livraison du 17 mars 2012.
(2) Le mouvement de contestation a débuté le 20 février 2011 au Maroc. Lire Ignace Dalle, «  Et au Maroc le roi parlait  », Le Monde diplomatique, avril 2011.
(3) Catherine Graciet a collaboré au Journal Hebdomadaire, qui a dû finalement suspendre sa parution à la suite de pressions du pouvoir. Eric Laurent est l’auteur de deux livres d’entretiens avec Hassan II : Mémoire d’un Roi (1993) et Le Génie de la modération (2000).
(4) Dès le début des années 2000, le directeur du Journal Hebdomadaire, Aboubakr Jamaï, avait dénoncé le fait que la Bourse de Casablanca soit contrôlée pour plus de moitié par le Palais. A la même époque, le regretté Rémy Leveau, spécialiste du royaume, avait mis les points sur les i : «  Moi je dis les choses tout bêtement : est-ce que Mohammed VI va continuer à faire des affaires  ? Dans un système en voie de transition démocratique, le roi ne peut pas être entrepreneur et ne peut faire concurrence aux entrepreneurs. Dans cette situation, il doit renforcer sa position d’arbitrage.  »
(5) La banque qu’il dirigeait alors a obtenu en 2005 le premier prix décerné par le premier ministre du Maroc pour son programme de lutte contre la corruption.
(6) Polytechnicien et ingénieur des mines, Hassan Bouhemou, qui, selon les auteurs, déteste la France, est le véritable maître d’œuvre de la «  stratégie  » économique et financière du Palais, M. Majidi le couvrant politiquement.
(7) Vainqueur des élections de fin novembre 2011, le PJD, islamiste «  modéré  », dirige le gouvernement depuis le début de 2012.

Dead Combo

Le pacte de croissance en cinq questions


Le pacte de croissance en cinq questions

Mots clés : , 
Par Guillaume Guichard, Marie VisotMis à jour  | publié 
Le traité de stabilité, signé par les chefs d'État et de gouvernement le 2 mars. Le nouveau président français veut y ajouter un volet sur la croissance.
Le traité de stabilité, signé par les chefs d'État et de gouvernement le 2 mars. Le nouveau président français veut y ajouter un volet sur la croissance. Crédits photo : FRANCOIS LENOIR/AFP

Au lendemain de la victoire de François Hollande, tous les pays européens s'accordent sur la nécessité de prendre des mesures pour stimuler la croissance. Mais les moyens manquent dans une Europe surendettée.

1. Qu'entend-on par pacte de croissance?
L'objectif d'un pacte de croissance est de contrebalancer, au niveau européen, les effets négatifs des politiques de rigueur. Selon la définition du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, il s'agit de trouver les moyens de renforcer le potentiel productif de chaque pays. En clair, de mener des réformes structurelles de nature à «faciliter les activités des entrepreneurs», car «la création de nouvelles entreprises et la création d'emplois sont cruciales».
Il s'agit moins, dans l'esprit de François Hollande, de mettre à la poubelle le traité durement négocié début 2012 que d'ajouter à celui-ci un volet pour la croissance. Le nouveau président souhaite notamment mettre en place des «projets d'infrastructure», comme le développement de réseaux haut débit, financés par la levée de fonds sur les marchés au niveau européen («euro-obligations»). «Mais on ne va pas relancer une politique de grands travaux et se mettre à construire des ponts partout si ça ne sert à rien pour l'activité», explique son entourage.
Le nouveau chef de l'État veut aussi augmenter les fonds de la Banque européenne d'investissement (BEI), ce qui est déjà en négociation à Bruxelles. Cette banque publique de développement investit surtout à long terme dans des projets d'infrastructure. «Il faudrait que l'argent des fonds structurels, peu utilisés aujourd'hui -car les États doivent coinvestir et ils n'en ont pas les moyens- soit aussi redirigé pour financer la croissance», insiste-t-on au PS.
Une taxe sur les transactions financières au niveau européen, sans avoir d'impact négatif sur l'activité, servirait également à financer des projets.
2. Quels sont les pays qui ont intérêt à négocier le pacte de croissance?
Certains pays divergent sur les recettes qui peuvent doper l'activité. Mais «sur le principe, il est difficile pour un pays de dire qu'il est contre la croissance, note Cinzia Alcidi, du centre d'étude bruxellois CEPS. Il faut de l'espoir.» Le Portugal, l'Espagne, la Grèce, mais aussi les Pays-Bas, c'est-à-dire les pays de la zone euroactuellement en récession, accueillent d'un bon œil cette bouffée d'oxygène. L'Allemagne elle-même, qui commence à voir ses exportations caler en raison des effets de la rigueur dans ces pays, est en train d'évoluer.
Ce n'est pas parce que tout le monde est d'accord sur le principe que les négociations se dérouleront sans accroc. «Si l'Italie et l'Espagne reconnaissent le besoin de mesures soutenant la croissance à court et moyen terme, ces deux pays ne laisseront pas cela se faire sans l'application de réformes structurelles (réformes du marché du travail et modération salariale), analyse Pierre-Olivier Beffy, économiste en chef d'Exane BNP Paribas. La stratégie politique de François Hollande sur le marché du travail français et la protection du pouvoir d'achat pourrait donc devenir un point dur de la négociation.»
3. Qu'en pense l'Allemagne?
Berlin privilégie traditionnellement les réformes dites «structurelles». «L'Allemagne tient à une chose, rappelle Cinzia Alcidi: elle ne veut pas que la croissance soit relancée aux dépens de l'équilibre des finances publiques, via des plans de relance comme on l'a vu en 2009». Cette position est culturelle: notre voisin outre-Rhin refuse de fragiliser son économie et sa crédibilité sur le marché de la dette par la dépense. Lundi, le porte-parole de la chancelière Angela Merkela été catégorique: «il n'est pas possible de renégocier le pacte budgétaire», qui a déjà été «signé par 25 des 27 États membres de l'Union européenne» et qui doit permettre de renforcer la discipline dans la gestion des finances publiques.
4. Quelles conséquences le pacte de croissance peut-il avoir pour les Français et les Européens?
«Si une décision européenne est prise lors du sommet européen des chefs d'État et de gouvernement du 30 juin, il ne faut pas s'attendre à en voir les effets dès le 1er juillet!», prévient Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. On peut imaginer d'autre part que les fonds seront destinés en priorité aux pays les plus en difficultés, moins à la France. Malgré tout, des initiatives sur la BEI ou les fonds structurels «ne devraient pas avoir d'impact significatif sur la croissance de l'Union européenne», jugent les économistes de Société générale CIB. Ils rappellent que les 350 milliards d'euros alloués aux fonds structurels et à la BEI n'ont représenté, étalés sur 5 ans, que 0,3% du produit intérieur brut (PIB) de la zone.
5. La Banque centrale européenne pourrait-elle participer à la relance?
Les socialistes français aimeraient que la BCE joue un plus grand rôle pour relancer l'économie. «Dans l'immédiat, la Banque centrale européenne ne fera rien d'exceptionnel, juge Clemente de Lucia, économiste chez BNP Paribas. Elle pourrait simplement continuer à mener une politique monétaire accommodante pour relancer la demande». Cela contribuera à remettre les banques d'aplomb, ce qui leur permettra de prêter davantage aux ménages ou aux entreprises. Problème, ces derniers n'ont pas confiance dans l'économie et ne réclament donc que peu de crédit.

Les premiers chantiers économiques du nouveau président


Les premiers chantiers économiques du nouveau président

François Hollande, lundi.
François Hollande, lundi. (REUTERS)
Par JULIEN VALLET
Dès les cent premiers jours de son mandat, François Hollande a promis de mettre en œuvre une série de mesures économiques. Le programme. 

Dès le mois de mai :

• Bloquer les prix du carburant pendant trois mois. Le 13 mars, le litre de sans plomb 95 avait dépassé la barre symbolique des 2 euros. Parallèlement à cette mesure, François Hollande avait annoncé vouloir rétablir la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante, pour l’augmenter en période de baisse et la diminuer en période de hausse.
• Le plafond du livret A et du livret épargne-industrie (nouveau produit financier créé pour aider les PME) sera doublé, passant de 15 000 à 30 000 euros. Sa rémunération devra rester supérieure à l’inflation.
• Fixer un éventail maximal de rémunération de 1 à 20 entre le salarié le moins bien payé et le dirigeant dans les entreprises publiques. En se basant sur le Smic brut mensuel fixé depuis janvier à 1 398,37 euros, on peut estimer le plafond à 27 960,40. Soit environ 336 000 euros par an. Cette mesure ne s’appliquera qu’aux entreprises publiques, dans lesquelles l’Etat est majoritaire, comme EDF ou Areva.
• Au niveau européen, envoyer avant le Conseil européen qui se tiendra fin juin, à tous les chefs d’Etats et de gouvernements, un mémorandum «proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance». Ce «pacte» comprendra notamment l’introduction d’une taxe sur les transactions financières ou l'émission d’euro-obligations pour mutualiser les dettes nationales.

En juillet, session extraordinaire du Parlement :

• Présenter au Parlement le «programme de stabilité» qui fixe comme objectif le retour à l'équilibre budgétaire en 2017. Quant au déficit, il doit déjà revenir à 3% d’ici 2013. Ces mesures tablent sur une prévision de croissance jugée optimiste par certains économistes (1,7% en 2013, 2% ensuite).
• Supprimer la «TVA Sarkozy» ou TVA sociale, relevée par le précédent président de 19,6 à 21,2%. Le décret d’application de cette taxe a été publié seulement hier, le jour même de l'élection de François Hollande. Elle doit s’appliquer à compter du 1er octobre mais le nouveau président a promis son abrogation.
• Séparer les activités de dépôt et des activités spéculatives, ce qu’a déjà décidé de faire le Royaume-Uni en fin d’année dernière en obligeant les banques à cloisonner les deux activités. En cas de crise, l’État n’aiderait que la banque de détail, pas la banque d’affaires.
• A la mi-juillet, lors d’une Conférence nationale pour la croissance et l’emploi, les «grands chantiers» du quinquennat doivent être lancés. Au programme notamment, le contrat de génération qui permettrait une exonération de charges aux entreprises qui embaucheraient un senior et un jeune. Ou encore l’encadrement des licenciements boursiers : les salariés qui en sont victimes auront la possibilité de saisir le juge en cas de licenciement collectif dans les cas «manifestement contraires» aux intérêts de l’entreprise.

segunda-feira, 7 de maio de 2012

Relação de Forças

Résultats du 2nd tour - 6 mai 2012


Résultats du 2nd tour - 6 mai 2012

François Hollande
F. Hollande
 
51,63 %
18 004 656 VOIX
 
48,37 %16 865 340 VOIX
 
Nicolas Sarkozy
N. Sarkozy
Nicolas Sarkozy18 983 138 VOIX

sexta-feira, 4 de maio de 2012

Common Core standards drive wedge in education circles


Common Core standards drive wedge in education circles

WASHINGTON – When did fractions and non-fiction become so controversial?
  • Teacher David Riesenfeld has been piloting Common Core standards in his 10th-grade world history class in New York City.
    By Robert Deutsch, USA TODAY
    Teacher David Riesenfeld has been piloting Common Core standards in his 10th-grade world history class in New York City.
By Robert Deutsch, USA TODAY
Teacher David Riesenfeld has been piloting Common Core standards in his 10th-grade world history class in New York City.

A high-profile effort by a pair of national education groups to strengthen, simplify and focus the building blocks of elementary and secondary education is finally making its way into schools. But two years ahead of its planned implementation, critics on both the right and left are seizing upon it. A few educators say the new standards, supported by the U.S. Department of Education, are untested, and one Republican governor wants to block the measure, saying it's a federal intrusion into local decisions.
How did something so simple become so fraught?
The story begins in 2009, when the National Governors Association and the Council of Chief State School Officers announced an effort to create voluntary national standards in math and reading. All but four states — Alaska, Nebraska, Texas and Virginia — quickly signed on to the standards, known as the Common Core, agreeing to help create then implement them by 2014. Their decision was helped partly by President Obama, who has tied "college and career-ready standards" to billions in federal grants. Last September, he all but required adoption of the Common Core or similar standards approved by state higher education officials if states want to receive federal waivers from the 2002 No Child Left Behind law. One of the four states, Virginia, applied for a waiver without adopting Common Core and is in negotiations with the administration over its plan.
That angered conservatives, who point out that even though adopting the Common Core is voluntary, Obama's moves make it all but obligatory. In February, Republican South Carolina Gov. Nikki Haley said she'd support a state legislative effort to block Common Core implementation — her predecessor had adopted the standards in 2010.

A taste of newfangled word problems

New Common Core standards are due to roll out in 46 states by 2014. They're designed to get students ready for college and careers by requiring them to think, write and explain their reasoning. They also de-emphasize multiple-choice test questions in favor of written responses. Here's an example for New York City fifth-graders:
Old question: Randa ate 3/8 of a pizza, and Marvin ate 1/8 of the same pizza. What fraction of the pizza did Randa and Marvin eat?
a. 5/8
b. 3/8
c. 1/4
d. 1/2
(Answer: d)
New question: Tito and Luis are stuffed with pizza! Tito ate one-fourth of a cheese pizza. Tito ate three-eighths of a pepperoni pizza. Tito ate one-half of a mushroom pizza. Luis ate five-eights of a cheese pizza. Luis ate the other half of the mushroom pizza. All the pizzas were the same size. Tito says he ate more pizza than Luis because Luis did not eat any pepperoni pizza. Luis says they each ate the same amount of pizza. Who is correct? Show all your mathematical thinking.
(Answer: Luis is right — both ate 1 1/8 of a pizza).
Source: New York City Department of Education
"Just as we should not relinquish control of education to the Federal government," she wrote in a letter to a state lawmaker, "neither should we cede it to the consensus of other states."
U.S. Education Secretary Arne Duncan shot back with unusual candor, saying in a statement that Haley's fear of losing control is "a conspiracy theory in search of a conspiracy."
Also in February, Brookings Institution scholar Tom Loveless issued research calling into question whether the Common Core would have much of an effect. He noted that state standards have done little to equalize academic achievement within states. The reaction, he says, was "like putting my hand in a hornet's nest — people do have a strong reaction to the Common Core."
Last month, New York University education historianDiane Ravitch, a vocal Duncan critic, blasted the standards, writing in The New York Review of Books that they've never been field-tested. "No one knows whether these standards are good or bad, whether they will improve academic achievement or widen the achievement gap," she said.
By Robert Deutsch, USA TODAY
Tzering Lama is ready with an answer in her world history class in Long Island City, N.Y.
Neal McCluskey of the libertarian Cato Institute, said concerns of lawmakers like Haley may have seemed far-fetched a few years ago — states voluntarily signed on to the standards, after all — but Obama's insistence on tying the Common Core to No Child waivers and billions in federal grants shows that "it is not the least bit paranoid" to say the federal government wants a national curriculum.
American Federation of Teachers President Randi Weingarten called those fears "ridiculous." Guidelines around core subjects don't constitute a national curriculum, she said, but are a simple way to boost skills. "We do our kids a disservice when we do not teach (them) to compete in a global economy," she said.
Weingarten said many teachers approve of the new standards, which "offer students the ability to think and persuade and communicate" rather than just fill in blanks on standardized tests. She and others point to recent surveys that show nearly two-thirds of teachers say it's better for states to have common math and English standards. But she frets that teachers won't get adequate training — and that they'll be judged harshly if their students don't measure up at first. "It has to be implemented with integrity so teachers can get their arms around it," she said.
David Coleman, one of the standards' authors, admits that they'll be "a major shift," requiring more history, arts and science in English and reading classes, for instance, and less fiction. But he says it's needed to correct a decade of watered-down lessons. The biggest problem with No Child's requirement that schools raise test scores each year was that it was "content-free," he said. The law "was merely saying, 'Test whatever you got.' "
Chester Finn, a former Reagan administration education official who now leads theThomas B. Fordham Institute, a Washington education think tank, said Common Core "sets a worthy destination for kids and teachers, which most states have failed to do on their own for many years." He actually thinks it could ease conservatives' fears of federal intrusion, because common goals and tests might prompt Washington to "back off on telling people how to run their schools."
But he said it's "a pity" that Obama insisted upon the Common Core, especially leading up to the 2012 elections. "The best thing the administration, or the Congress, for that matter, could do is to pretend that the Common Core doesn't exist."
Barbara Dzwonek, an elementary school English coach in Daly City, Calif., said the standards are "a step in the right direction because they are state-driven and based on the highest-quality research the field of education has to offer."
David Riesenfeld, a history teacher who has been using the standards since 2010, said they've "pretty significantly pushed me to think about how much I cover" each school year. Because they require more depth in just a few areas, he said, they've forced him to focus more on teaching students to read and write about a handful of "significant topics" in world history.
Riesenfeld, who teaches 10th-grade world history at Robert F. Wagner Jr. Secondary School for Art and Technology in Long Island City, N.Y., said he often relies on shorter passages and pushes students to read more closely and analytically — occasionally a class will spend an entire period breaking down a single paragraph. "In effect, they're learning how to use materials rather than just answer question a, b, c and d," he said.
As a result, Riesenfeld said, his history students often look and sound as if they're in an English class.
"What they're starting to do is begin to think, 'Well, he's really not going to give me the answer, so I've really got to figure out what's going on here.'
"

quarta-feira, 2 de maio de 2012

"Les médias sont plus faibles et moins prescripteurs"


Jean-Louis Missika : "Les médias sont plus faibles et moins prescripteurs"

LE MONDE TELEVISION |  • Mis à jour le 
Dans un entretien au "Monde Télévision", Jean-Louis Missika, sociologue desmédias, membre du Conseil de Paris et adjoint au maire chargé de l'innovation, de la recherche et des universités, analyse les rapports entre la télévision et les politiques au cours de cette campagne présidentielle.



De nombreux médias ont expliqué que cette campagne électorale était vide et ennuyeuse. Qu'en pensez-vous ? Je ne crois pas qu'elle soit ennuyeuse. Le temps médiatique a tendance à générer l'oubli. Il faut donc se souvenir que cette campagne a démarré très tôt, en septembre, avec la primaire socialiste, qui a suscité une immense curiosité. Elle a fait participer les électeurs de gauche au choix de leur candidat, elle a alerté l'ensemble des électeurs sur l'échéance présidentielle et permis à François Hollande d'engager sa campagne bien avantNicolas Sarkozy. Le grand succès d'audience des débats de cette primaire a prouvé qu'il existe un intérêt des Français pour la politique. Et la participation électorale au premier tour le confirme.
La télévision a-t-elle joué son rôle ? Oui. La couverture de la primaire a montré qu'en cinq ans le paysage audiovisuel a beaucoup changé avec la croissance des chaînes info en continu. Elles ont obligé les chaînes traditionnelles à consacrerplus de temps aux événements politiques.
Le problème est que les chaînes tout info en veulent toujours plus, et, pour faire de l'audience, elles créent et survendent elles-mêmes des événements, même si cela ne se justifie pas. Elles sont dans l'instantané, à la différence d'un "20 heures" qui peut se préparer tout au long de la journée, et elles usent les thèmes et les sujets. Cela contribue à la volatilité de l'agenda politique. Si les thèmes changent trop vite et trop souvent, le grand public a beaucoup de mal à suivre la campagne et à seforger une opinion. Ce phénomène a été amplifié par la personnalité de Nicolas Sarkozy, qui a fait de l'imprévisibilité une stratégie.
Est-ce que Twitter, très utilisé par les candidats et le grand public, a joué un rôle de contre-pouvoir ? Twitter génère un climat d'opinion instantanée. Il anticipe les sondages et offre un aperçu des réussites et des échecs des candidats dans leurs initiatives de campagne. Les réseaux sociaux accentuent cette impression de temps réel, de vitesse et d'oubli que l'on ressent avec les chaînes info.
Entre la télévision, Internet et les réseaux sociaux, peut-on dire qu'il y a une convergence des médias ? Il y a surtout une convergence entre le message et la réaction au message. Comme si le temps de l'imprégnation et de la mise à distance de l'information devait absolument disparaître. Chaque événement chasse l'autre, l'oubli fait partie du jeu, la délibération politique s'efface au profit de la sensation politique.
C'est ce qui s'est passé avec l'affaire Mohamed Merah ? Oui. Cette affaire a occupé la totalité de l'espace médiatique pendant une dizaine de jours. Les chaînes info ont mis la France sous tension. Tout le monde s'interrogeait sur les effets de cet événement sur la campagne, la transformation des thèmes, l'émergence du terrorisme et de l'insécurité au coeur du débat. Puis les médias sont passés rapidement à autre chose. On voit bien avec cette affaire que la fonction d'agenda des médias s'est profondément transformée.
Il n'existe plus une communauté de journalistes politiques suffisamment forte pourimposer un thème de campagne. Les médias sont plus faibles et moins prescripteurs. Chaque candidat développe ses sujets ; cela donne une campagne plus chaotique et sans colonne vertébrale.
En produisant eux-mêmes les reportages, les candidats ont privatisé leur image. N'y a-t-il pas un danger pour l'information ? Le très grand nombre de cameramen et de photographes qui suivent un candidat rend les déplacementsdifficiles, voire dangereux. Et les images sont parfois peu "présidentielles". D'où la décision des candidats qui en ont les moyens de produire leurs propres images. Une image propre, standard, signifiante, contrôlée. Oui, il y a un risque.
Comment les chaînes peuvent y résister ? C'est très difficile, car un jeu subtil s'instaure entre journalistes et communicants. L'accès aux coulisses d'un événement est souvent une contrepartie, comme l'exclusivité ou le contact direct avec le candidat. Mais quand une équipe de télévision accède aux coulisses, celles-ci deviennent une scène, et le jeu continue. C'est une mise en abyme. Les journalistes qui suivent un candidat ont l'impression d'entendre toujours le même discours. Par lassitude, ils peuvent négliger les enjeux de substance pour l'anecdote. Ils cherchent une histoire derrière l'Histoire. Et il y en a toujours une.
Est-ce une des conséquences de la télé-réalité ? Oui, c'est un effet de halo de la télé-réalité sur la sphère politique. On privilégie la parole volée ou la mauvaise posture du candidat au détriment de son engagement. Parfois, c'est intéressant, car se révèle une personnalité. Lorsque François Hollande se fait enfariner, il reste flegmatique. De son côté, Nicolas Sarkozy craque au Salon de l'agriculture avec son désormais célèbre "Casse-toi, pov' con !". Les télévisions accompagnent une opinion publique qui s'intéresse de plus en plus aux caractères, à la frontière du psychologique et du politique.
Il pèse toujours un soupçon sur les médias de service public, dont les PDG ont été nommés par le président de la République. Or, Nicolas Sarkozy les accuse aujourd'hui de partialité. Cette loi s'est-elle retournée contre son auteur ? Cette loi est fondée sur un étrange argument : sortir de l'hypocrisie, parce que, avant, le président se cachait derrière le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour faire ces nominations. Pour développer la démocratie, il suffisait de créer une commission de nomination indépendante et faire valider son choix par une majorité des deux tiers au Parlement. Si les journalistes du service public cherchent à montrer qu'ils ne sont pas aux ordres du pouvoir, qui pourrait le leur reprocher ?
Il y a aussi le langage des éditorialistes comme Franz-Olivier Giesbert, qui est de plus en plus débridé. Comment l'expliquez-vous ? Il faut dire que le président de la République a montré l'exemple, tout comme quelques-uns de ses ministres. C'est un signe des temps. Le vocabulaire s'appauvrit, la syntaxe se relâche, l'excès de langage devient banal. La vulgarité des élites, c'est un peu comme le porno chic, un effet de mode.

terça-feira, 1 de maio de 2012

Lá como Cá... Mas há jornais que denunciam


Délinquance : les élucubrations de Sarkozy sur le taux d’élucidation

    Par CÉDRIC MATHIOT
«Le Parti socialiste n’a pas voté le renforcement des fichiers des empreintes digitales et génétiques alors que ces fichiers ont permis de multiplier par deux le taux d’élucidation des crimes et des délits.»
Nicolas Sarkozy jeudi, dans sa lettre aux Français

INTOX

Dans sa lettre aux Français, Nicolas Sarkozy a glissé des promesses de candidat, mais aussi mis en valeur son bilan. Ainsi de la sécurité, domaine dans lequel il se félicite d’avoir obtenu, en dépit de l’opposition systématique du PS, des résultats spectaculaires. «Depuis 2002, le gouvernement a agi pour réduire l’insécurité dans notre pays. Le Parti socialiste n’a pas voté le renforcement des fichiers des empreintes digitales et génétiques alors que ces fichiers ont permis de multiplier par deux le taux d’élucidation des crimes et des délits.»

DESINTOX

Notons un petit progrès chez le Président. Lui qui a coutume d’affirmer qu’il a créé le fichier sur les empreintes génétiques des délinquants sexuels (en réalité créé en 1998) se contente cette fois de se féliciter de l’avoir modifié (en 2003, alors ministre de l’Intérieur, il a élargi ce fichier au tout-venant de la délinquance).
En revanche, la suite est tout à fait farfelue. Le taux d’élucidation des crimes et délits (qui correspond au ratio entre le nombre de faits élucidés sur une année et le nombre de faits constatés) n’a nullement doublé depuis 2002. Il est passé de 26,3% en 2002 à 38,6% en 2011. Une évolution qui ne signifie pas grand-chose, et ne peut en aucun cas être liée directement à l’apport des fichiers. Le maniement d’un indicateur global n’a aucun sens. La fréquence d’élucidation est très variable selon la nature des infractions. Les vols sont peu élucidés (autour de 15 %), quand d’autres faits le sont quasi systématiquement (plus de 90% pour les homicides). Faire une moyenne n’a guère de sens.
Il est tout aussi absurde d’observer les variations du taux moyen d’une année à l’autre : il suffit que le nombre de délits «facilement élucidables» augmente en proportion par rapport aux autres pour gonfler le taux moyen. C’est ce qui s’est passé entre 2001 et 2011. Une des raisons de l’amélioration du «taux d’élucidation» est ainsi l’augmentation du nombre d’infractions révélées par l’action des services (Iras dans le jargon). Il s’agit essentiellement des infractions à la législation sur les stupéfiants (interpellation d’un consommateur de drogue ou d’un dealer) ou des infractions à la législation sur les étrangers (interpellation d’un sans-papiers). Ces Iras sont par définition toujours élucidées. Alors que le nombre de faits constatés de délinquance a globalement baissé de plus de 15% de 2001 à 2011, les Iras ont augmenté de 75% sur la période, dopant mécaniquement le taux d’élucidation moyen.
On observe un phénomène comparable avec les «violences non crapuleuses». Ces infractions qui sont élucidées dans plus de trois quarts des cas ont beaucoup augmenté depuis 2003, gonflant là aussi le taux d’élucidation global. Mesurer l’évolution de l’élucidation ne peut donc se faire qu’en regardant isolément chacune des catégories qui constituent les faits de délinquance. L’évolution des ratios d’élucidation est alors moins spectaculaire. Ainsi, entre 2002 et 2011, le taux d’élucidation des violences non crapuleuses a grimpé de 71,4% à 76,5%, celui des infractions économiques a régressé de 55% à 52,1%. Le taux d’élucidation des crimes sexuels demeure stable autour de 75%. Enfin, le taux d’élucidation des atteintes aux biens a progressé de 10,5% à 15,1%. Une progression qui ne s’explique pas par une augmentation du nombre de faits élucidés (qui a stagné entre 2002 et 2011), mais par la baisse du nombre de faits constatés.

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