quinta-feira, 10 de maio de 2012

Pelos Vistos, Há Quem Cumpra as Promessas que Faz


Hollande, les retraites et l'essence : premiers ajustements en vue

LE MONDE |  • Mis à jour le 

Des premières mesures, qui jalonneront le début du quinquennat de François Hollande, une seule devrait être entérinée dès le premier conseil des ministres : la baisse de 30 % de la rémunération du président de la République et des membres du gouvernement, emblématique de cette "autre façon de présider et de gouverner" que M. Hollande avait mise en avant pendant la campagne.
Les autres dispositifs de soutien au pouvoir d'achat, comme l'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire (ARS), ou de lutte contre les injustices, comme le retour à la retraite à 60 ans pour une partie des salariés ayant commencé àtravailler tôt, feront l'objet de décrets qui doivent être soumis aux partenaires sociaux.
  • Prix des carburants
Quant au gel temporaire du prix des carburants, il pourrait être abandonné. Car si le prix de l'essence a crû de 11,7 % en moyenne en 2011, selon l'Insee, grevant lourdement le budget des familles les plus modestes, depuis le 20 avril, la Direction générale de l'énergie et du climat constate une accalmie.
Les prix reculent dans toutes les catégories (gazole, sans-plomb 95, sans-plomb 98, etc.) "Et on ne bloque pas des prix qui baissent", a fait remarquer, mercredi 9 mai, Michel Sapin, chargé du projet présidentiel, qui pourrait retrouver, vingt ans après, le ministère de l'économie.
  • TIPP flottante
Un tel abandon n'empêchera pas le futur gouvernement de rétablir la TIPP flottante - il s'agit en réalité de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE) - pour mettre les ménages à l'abri de l'augmentation conjoncturelle du prix de l'essence. "Le retour de la TIPP flottante permettra non pas de diminuer les recettes de l'Etat, mais d'éviter les augmentations indues", l'idée, cette fois-ci, étant de "chiffrer d'abord le surplus de recettes de TVA indu pour des raisons conjoncturelles", puis "de restituer ce montant aux automobilistes", avait indiqué, le 21 mars aux Echos, M. Sapin.
  • Age de départ à la retraite
Présenté comme une mesure de lutte contre les injustices, le rétablissement du droit à partir à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travaillerà 18 ans et ayant cotisé 41 annuités fera aussi l'objet d'un décret soumis pour consultation au conseil d'administration de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (CNAV).
Mais cette mesure, loin d'être précisément arrêtée, devrait aussi donner lieu à un échange de vues politique entre le gouvernement et les organisations syndicales. En effet, si Marisol Touraine, chargée du pôle social au sein de l'équipe de M. Hollande, maintient le principe d'un retour aux 60 ans pour les seules personnes ayant cotisé (grosso modo, ayant effectivement travaillé) 41 ans, un autre proche du président élu laisse ouverte la possibilité d'une négociation à la marge sur les périodes validées, comme le chômage indemnisé ou les congés de maternité, jusqu'au 31 décembre 2011.
Les syndicats de salariés pousseront le gouvernement à agir en ce sens. Mais si cette option est retenue se posera immédiatement la question du sort de l'actuel dispositif carrières longues, réservé aux salariés ayant commencé à travailler à 17 ans et avant, mais sans décompte des périodes validées. Il semble en effet difficile de prendre en compte ces périodes pour les "18 ans" et non pour les "17 ans et moins".
Or selon les arbitrages qui seront rendus, le nombre de bénéficiaires potentiels de la mesure variera de quelques dizaines de milliers à 150 000, sur un total de quelque 630 000 départs à la retraite en 2011 dans le régime général - les salariés du privé et assimilés. Le financement de ce dispositif est à la charge des actifs, la cotisation vieillesse devant être relevée de 1 point sur la durée du quinquennat - soit 0,2 point par an (0,1 pour la part patronale, 0,1 pour la part salariale).
"Si la mesure n'inclut pas les périodes de chômage, ce relèvement suffira largement à la financer. Dans le cas contraire, cela ne suffira pas", avance Gérard Rivière, président (FO) de la CNAV. Si cette augmentation, comme c'est envisagé, concerne les seules cotisations déplafonnées, elle portera ainsi sur 5,1 milliards d'euros, ce qui alourdira d'autant le coût du travail dans les entreprisesemployant de la main-d'œuvre qualifiée.
  • Allocation de rentrée scolaire
La hausse de 25 % de l'ARS, destinée à "redonner du pouvoir d'achat aux Français et améliorer leur vie quotidienne" dès la prochaine rentrée, est a priori plus simple à mettre en œuvre. Versée sous condition de ressources aux familles ayant au moins un enfant scolarisé de 6 à 18 ans, elle passerait à 359,80 euros par enfant de 6 à 10 ans, à 379,60 euros par enfant de 11 à 14 ans, et à 392,80 euros par enfant de 15 à 18 ans. Près de 2,9 millions de familles bénéficient de cette allocation généralement versée lors de la troisième semaine du mois d'août et dont le coût total était de 1,489 milliard d'euros en 2010.
Le projet de décret portant augmentation de l'ARS doit être soumis pour consultation au conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), soit lors d'une réunion ordinaire de cette instance, le 5 juin ou le 4 juillet, soit à une autre date, s'il s'agit d'un conseil extraordinaire. Le financement de cette hausse, évaluée à 400 millions d'euros par la cellule de chiffrage de l'Institut de l'entreprise, doit être assuré par l'abaissement du plafond du quotient familial.
L'augmentation de l'ARS est une mesure empruntée à l'arsenal keynésien le plus classique à gauche : il s'agit de soutenir la demande des ménages, à un moment où celle-ci donne de sérieux signes de faiblesse. Le relèvement de la cotisation vieillesse, lui, va à l'encontre de cette politique de l'offre qu'une partie des économistes ayant travaillé pour M. Hollande a essayé, mais apparemment sans grand succès, de défendre.

quarta-feira, 9 de maio de 2012

terça-feira, 8 de maio de 2012

Em Marrocos, Cidade de Fez - a utilidade dos burros


Fès. 92 ânes pour collecter les ordures

  • 08 Mai 2012
  • Par : Telquel
  • L'essentiel
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Fès. 92 ânes pour collecter les ordures
Une armée d'ânes pour s'occuper des déchets de la vieille médina (DR)
92 ânes ont officiellement été affectés par la mairie de Fès à la collecte des ordures dans l’ancienne médina, inaccessible pour les camions de la commune. Le point a été très sérieusement discuté lors d’une réunion du conseil de la ville. Les élus ont en effet unanimement voté l’affectation de 42 nouveaux ânes pour améliorer le rendement du service d’hygiène dans la médina. A quand le bureau syndical des équidés ?

Une corruption très royale


Au Maroc, une corruption très royale


Interdit comme la plupart des ouvrages mettant en cause la monarchie,Le Roi prédateur, Main basse sur le Maroc, de Catherine Graciet et Eric Laurent, fait un tabac depuis sa sortie au début du mois de mars (1). Le titre provocateur mais, surtout, le contenu assez accablant pour Mohammed VI et certains de ses proches ont en effet conduit plusieurs sites locaux à le mettre en ligne, en français et en arabe. Les interventions et les menaces de sanction de l’éditeur n’ont pas eu d’effet réellement dissuasif.
L’engouement des Marocains pour ce livre n’est évidemment pas étranger à la situation que connaît depuis plus d’une année le royaume dans la foulée des révoltes arabes. Représentés par le Mouvement du 20 février (2), des dizaines de milliers de Marocains ont manifesté presque toutes les semaines en 2011 dans de nombreuses villes du pays pour que cessent la corruption et les passe-droits et que s’instaure une véritable démocratie. Deux hommes, deux conseillers et amis du roi, incarnent à leurs yeux les dérives du régime : Fouad Ali el Himma et Mounir Majidi. Les manifestants les accusent d’être les principaux animateurs d’un petit groupe d’affairistes qui a entrepris de faire main basse sur le Maroc au profit de la monarchie et de ses affidés.
« Quand on est du peuple, Sire, on a toujours quelque chose sur le cœur », écrivait Victor Hugo. Or, Le Roi prédateur conforte tristement la belle intuition de l’auteur des Misérables. Bons connaisseurs du pays (3), les deux auteurs ne mettent pas seulement en lumière les pratiques mafieuses de proches de Sa Majesté mais démontent un système qui conduit le peuple marocain à engraisser à son corps défendant une nomenklatura aussi avide que cynique, à commencer par la famille royale.
Avec un culot monstre et un rare cynisme, les hommes d’affaires du souverain ont expliqué à qui voulait les entendre au début des années 2000 qu’un « champion national » devait être « un leader dans son domaine, faire office de locomotive pour les autres entreprises et servir de levier pour tirer un secteur vers l’excellence ». Mais, affirment les auteurs, loin de donner l’exemple comme ils le prétendaient, on s’est vite aperçu que, pour ces étranges businessmen, le champion national est en réalité « une entreprise dont le roi est actionnaire et qui n’accepte d’évoluer que dans un contexte de monopole ou, à la rigueur, de quasi-monopole... Aucune concurrence sérieuse n’est tolérée et tous les moyens sont mis en œuvre pour parvenir à ces fins, y compris le recours à une justice peu réputée pour son indépendance ».
Même si les faits évoqués sont pour l’essentiel connus grâce au travail courageux de la presse marocaine indépendante qui, à ses risques et périls, a rendu compte à maintes reprises ces dix dernières années des magouilles et coups tordus des gestionnaires de la fortune du monarque (4), le livre a le mérite d’offrir une synthèse complète de leurs agissements — enrichie d’utiles précisions — ainsi qu’un éclairage édifiant.
Il apporte également ce que l’hebdomadaire Tel Quel a qualifié récemment de « plus-value », à savoir le témoignage « on the record » de Khalid Oudghiri, ex-patron de la banque Attijariiwafa, porté aux nues avant d’être écarté brutalement, poursuivi, condamné et finalement gracié juste avant la sortie du livre… La gestion de cette affaire en dit long sur la manière dont le régime est capable de fabriquer un coupable. Ancien du groupe BNP-Paribas, banquier aux compétences reconnues internationalement, M. Oudghiri, qui possède la double nationalité française et marocaine, a su distiller soigneusement ses confidences et si le Palais l’a « gracié », c’est qu’il ne tenait certainement pas à ce qu’il fasse de nouvelles révélations aux conséquences ravageuses.
L’affrontement de Khalid Oudghiri avec Mounir Majidi et ses amis affairistes était inévitable pour au moins trois raisons : d’abord, parce que M. Oudghiri avait clairement exprimé son souci de désengager le souverain du cœur de l’économie du royaume afin d’éviter une regrettable confusion des genres. Ensuite, parce qu’il n’avait jamais caché sa volonté de lutter contre la corruption au Maroc (5). Enfin, parce que ses bons rapports avec le monde des affaires français l’auraient certainement amené à dénoncer le comportement de Majidi et consorts à l’égard de grandes sociétés françaises.
De fait, Khalid Oudghiri évincé, Majidi et Hassan Bouhemou, son« impitoyable éminence grise (6) » peuvent parachever la mise à l’écart de deux groupes français très présents au Maroc : Axa et Auchan. Même si le Maroc avait de bonnes raisons de revoir les conditions trop avantageuses qui avaient été consenties aux deux entreprises, la désinvolture avec laquelle MM. Majidi et Bouhemou opérèrent choqua d’autant plus leurs dirigeants que du temps de Hassan II, de telles « mauvaises manières » n’auraient jamais pu avoir cours ! Il ne s’agit pas de reprocher aux deux hommes de s’être montrés intraitables en affaires mais de n’avoir respecté aucune des règles qui s’imposent dans les négociations commerciales. « Mounir Majidi et Hassan Bouhemou dégagent des bénéfices record et se prennent pour des hommes d’affaires, note Khalid Oudghiri. Mais quel est le rapport avec l’économie réelle quand tout cela est guidé par l’arbitraire royal ? Aussitôt que quelqu’un s’exprime au nom de la volonté royale, personne ne peut s’y opposer ». 
En s’appuyant sur une justice aux ordres, en bénéficiant de la complaisance du gouvernement, en jouant sur la peur des responsables de déplaire à Sa Majesté, en bénéficiant de la complicité du gendarme de la Bourse, MM. Majidi et Bouhemou ont pu non seulement évincer les deux groupes français mais, plus grave, faire main basse sur l’économie marocaine. Les entreprises contrôlées par le monarque sont ainsi devenues de véritables machines à cash alimentées par les consommateurs marocains...
Les auteurs évoquent également « la candeur » du monde des affaires français convaincu que le marché marocain était définitivement acquis et qu’une intervention de la diplomatie française permettrait de régler ces « malentendus ». Mais, comme le relève Catherine Graciet, « il n’y a eu aucun relais politique pour les industriels français car pour l’Elysée ou le Quai d’Orsay, on ne touche pas à la stabilité du Maroc : c’est une loi non écrite ! »
Pour les deux auteurs, il est temps que la diplomatie française fasse son aggiornamento tant sa vision des relations bilatérales est dépassée : avec la victoire du Parti de la justice et du développement (7), la menace islamiste ne tient plus la route et envisager le Maroc comme relais diplomatique de la France n’a plus de sens depuis l’avènement de Mohammed VI, compte tenu de l’absence de ce dernier sur la scène internationale, contrairement à Hassan II.
Catherine Graciet et Eric Laurent se montrent sans doute excessifs en écrivant que, à l’inverse des diplomates américains qui tissent des liens avec l’ensemble des acteurs de la société civile, « les Français préfèrent singer le makhzen dans ce qu’il a de plus vil : l’attitude du serviteur qui ne bronche jamais et acquiesce en permanence ». Si, jusqu’à nouvel ordre les Etats-Unis ne sont certainement pas un modèle de diplomatie à l’égard du monde arabe, il n’en reste pas moins que la complaisance des dirigeants français à l’égard du royaume est de plus en plus incompréhensible.
Pour les auteurs, le soutien de la France au Maroc est d’autant plus surprenant que Mohammed VI a montré qu’il était « à contre-courant des aspirations et des mouvements de fond qui agitent les sociétés des pays arabes et musulmans ». 
Pour Catherine Graciet, « le régime, dont l’affairisme est ouvertement dénoncé, n’a pas d’autre choix que de se réformer : ou bien, il se retire des affaires, ou il s’expose à ce qui s’est passé dans d’autres pays arabes ».
Ignace Dalle est journaliste, auteur notamment de Hassan II. Entre tradition et absolutisme, Fayard, Paris, 2011.
(1) Le Seuil, Paris, 2012, 17,80 euros. L’hebdomadaire Tel Quel a toutefois publié des extraits du livre dans sa livraison du 17 mars 2012.
(2) Le mouvement de contestation a débuté le 20 février 2011 au Maroc. Lire Ignace Dalle, «  Et au Maroc le roi parlait  », Le Monde diplomatique, avril 2011.
(3) Catherine Graciet a collaboré au Journal Hebdomadaire, qui a dû finalement suspendre sa parution à la suite de pressions du pouvoir. Eric Laurent est l’auteur de deux livres d’entretiens avec Hassan II : Mémoire d’un Roi (1993) et Le Génie de la modération (2000).
(4) Dès le début des années 2000, le directeur du Journal Hebdomadaire, Aboubakr Jamaï, avait dénoncé le fait que la Bourse de Casablanca soit contrôlée pour plus de moitié par le Palais. A la même époque, le regretté Rémy Leveau, spécialiste du royaume, avait mis les points sur les i : «  Moi je dis les choses tout bêtement : est-ce que Mohammed VI va continuer à faire des affaires  ? Dans un système en voie de transition démocratique, le roi ne peut pas être entrepreneur et ne peut faire concurrence aux entrepreneurs. Dans cette situation, il doit renforcer sa position d’arbitrage.  »
(5) La banque qu’il dirigeait alors a obtenu en 2005 le premier prix décerné par le premier ministre du Maroc pour son programme de lutte contre la corruption.
(6) Polytechnicien et ingénieur des mines, Hassan Bouhemou, qui, selon les auteurs, déteste la France, est le véritable maître d’œuvre de la «  stratégie  » économique et financière du Palais, M. Majidi le couvrant politiquement.
(7) Vainqueur des élections de fin novembre 2011, le PJD, islamiste «  modéré  », dirige le gouvernement depuis le début de 2012.