sexta-feira, 30 de setembro de 2011

Fwd: Lettre d'information de la Bpi - Octobre 2011 - 30/09/2011



Lettre d'information BPI

Lettre d'information Bibliothèque Publique d'Information

Lettre d'information de la Bpi - Octobre 2011 /

Flash

Le dernier numéro de De ligne en ligne, le magazine de la Bpi est paru.
Découvrez-le vite ! 

Conception graphique : Claire Mineur © Bpi
Evénements

Nuit Blanche à la Bpi

À l’occasion de la 10e édition de la Nuit Blanche, la Bpi prolonge ses horaires d'ouverture. Venez profiter des espaces de la bibliothèque, exceptionnellement ouverts jusqu'à minuit. Vous pourrez aussi découvrir des animations spécifiques proposées pour cette Nuit Blanche.

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[Le 01/10/2011 - Horaire des séances : de 20h à minuit]

Photo © Siegfried Marque
Conférences et débats

Rencontre avec Antoine Volodine





Cette séance sera filmée et retransmise en temps réel sur la page des débats en direct.

Si l'oeuvre d’Antoine Volodine a pour toile de fond les drames du XXe siècle, ses livres sont pourtant en marge du roman historique comme de la littérature engagée au sens traditionnel. Inventeur d’un univers romanesque très particulier qu’il a baptisé « post-exotisme », l'écrivain met en scène des personnages à la marge qui errent dans un monde singulier et violent à la lisière du fantastique, du surréalisme et de la fiction politique.

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[Le 03/10/2011 - Cycle : La création à l'oeuvre - Horaire des séances : 19h]

Crédit : Gérald Ciolkowski pour Paris bibliothèques.
Conférences et débats

Quel avenir pour la lecture ?

Ce débat aura lieu à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

L’explosion d’Internet, la multiplication des smartphones et autres technologies nomades, la gratuité de nombreuses bibliothèques semblent faciliter l’accès à la lecture. Et pourtant, nous lisons moins de livres. Évolution technologique, bouleversement des pratiques, révolution numérique... La Bpi ouvre le débat sur l’avenir de la lecture.

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[Le 06/10/2011 - Horaire des séances : 19h - ]

Vann Nath © Séra
Conférences et débats

Cambodge






Cette séance sera filmée et retransmise en temps réel sur la page des débats en direct.

Plusieurs artistes cambodgiens ont choisi de revenir sur le passé tourmenté de leur pays, transformé entre 1975 et 1979 en un vaste camp de travail forcé qui a coûté la vie à près de deux millions de personnes. À l’heure où s’ouvre le procès des quatre plus hauts dirigeants du régime Khmer rouge, la Bpi invite le cinéaste Rithy Panh, le dessinateur Séra et le metteur en scène Jean-Baptiste Phou à nous éclairer sur leurs démarches artistiques et questionne les liens étroits qui unissent le documentaire et la fiction.

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[Le 10/10/2011 - Cycle : Mémoires contemporaines, du documentaire à la fiction - Horaires des séances : 19h]

© 2006 Kaze © 2006 Gonzo / Media Factor / Gin-inro no Kami no Agito commitee
Cinéma

Origine

Trois cents ans après notre ère, la Terre vit meurtrie des blessures causées par l'inconscience de l'homme. Le monde est désormais dominé par la toute puissance des esprits de la forêt qui infligent à l'humanité leur colère pour les souffrances passées...

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[Le 19/10/2011 - Cycle : Ciné 13/16 - Horaire des séances : 15h]

D.R.
Conférences et débats

Précarité et liens sociaux : usages de l'espace public


Parcs, gares, métro et autres espaces urbains… Nous sommes tous usagers de ces lieux, quelle que soit notre situation sociale. Ceux d’entre nous qui vivent dans la précarité, ceux qui sont sans logement ont-ils un usage particulier de l’espace public ? Le sociologue Serge Paugam et l'anthropologue Claudia Girola aborderont, au cours de cette rencontre, les conditions d’accueil et de cohabitation de publics variés dans l’espace public.

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[Le 24/10/2011 - Cycle : Éclairages pour le XXIe siècle - Horaire des séances : 19h]

The Tale of Little Puppetboy © Joclo, Film i Väst AB
Cinéma

Des terriens pas comme les autres : éloge du plasti-ciné

La pâte à modeler, nous en avons tous eu un jour entre les mains. Très prisée par les enfants, elle est aussi utilisée comme matériau pour de nombreux films d'animation en volume.

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[Du 28/10/2011 au 30/10/2011 - Horaire des séances : 15h et 20h]

Ecouter

Retrouvez les dernières archives sonores en ligne :

» L'Inde vue par ... (17/09/2011)

» L'Inde vue par ... (16/09/2011)

» Liban (04/04/2011)

» Éditeur invité : Claude Draeger (25/05/1998)

» Avec Bertrand Dorny. Le peintre et ses écrivains (15/05/1995)

Lire

Lire à la bibliothèque :

» Edvard Munch à l'occasion de l'exposition au Centre Pompidou " Edvard Munch, L'Oeil moderne 1900-1944" jusqu'au 09/01/2012. Bureau Arts (niveau 3) du 21/09 au 21/10/2011.

» Le 11 septembre dans la littérature américaine. Bureau Littératures (niveau 3) jusqu'au 18/10/2011.

» Le Cambodge. Bureau Géographie-Histoire (niveau 3) du 04/10 au 15/11/2011.

» La Bible et ses traductions. Bureau Philosophie-Religions (niveau 2) du 05/10 au 15/11/2011.

» Nourrir la planète. Bureau Droit-Économie (niveau 2) du 18/10 au 22/11/2011.

» Rock et littérature. Bureau Littératures (niveau 3) du 18/10 au 22/11/2011.


segunda-feira, 26 de setembro de 2011

Estará o Governo Português a fazer o seu TPC? Ou será que quer ser um mau aluno?


Le gouvernement ouvert à une baisse du seuil de la taxe sur les hauts revenus

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 25.09.11 | 20h03   •  Mis à jour le 25.09.11 | 20h10

Le gouvernement serait prêt à abaisser le seuil de déclenchement de la taxe exceptionnelle sur les hauts-revenus, dont la mise en place est prévue début 2012. La ministre du budget, Valérie Pécresse, a indiqué, dimanche 25 septembre sur RTL, que l'exécutif était prêt à abaisser ce seuil, qui est actuellement de 500 000 euros, sans préciser jusqu'où il était prêt à aller.
"A quel niveau ? Le débat parlementaire le dira", a ajouté Mme Pécresse, sansmentionner le seuil de 250 000 euros comme l'ont réclamé certains parlementaires UMP. Les parlementaires, qui doivent examiner cette semaine le projet de budget du gouvernement, auraient donc la voie ouverte pour fixer le nouveau niveau de déclenchement.
200 OU 300 MILLIONS D'EUROS
Cette contribution de 3 % sur les revenus du travail et du capital supérieurs à 500 000 euros, une mesure phare du budget 2012 annoncée fin août, est d'une forte portée politique à quelques mois de l'élection présidentielle, mais son rendement devait à l'origine être limité à 200 millions d'euros en 2012. Le premier ministreFrançois Fillon avait indiqué qu'elle serait en place jusqu'à ce que le déficit public de la France soit ramené à 3 % du PIB, soit fin 2013 selon les engagements français.
Citant des sources ministérielles, le Journal du Dimanche a affirmé que le gouvernement allait accepter d'abaisser à 250 000 euros le seuil de de cette"contribution exceptionnelle sur les hauts revenus". Mme Pécresse a uniquement annoncé qu'il y aurait "prochainement" une réunion avec les parlementaires et le ministre de l'économie François Baroin sur cette question. La ministre du budget a par ailleurs rappelé que l'assiette de cette taxe de 3 % allait intégrer dans "un revenu de référence" tous les types de revenus et pas seulement les salaires.
Si le seuil de déclenchement était abaissé à 250 000 euros, la taxe devrait toucherdeux fois plus de foyers, soit environ 20 000, selon le JDD. Mais cela "ne rapporterait que 100 millions d'euros supplémentaires, portant le total à 300 millions", calcule le journal.

domingo, 25 de setembro de 2011

Uma Folha de Excel, Faxóvôr




O partido dos piratas obteve mais de 8% nas eleições para o Parlamento de Berlim. Fez eleger alguns deputados, mas se tivesse um pouco mais de votos não teria candidatos em número suficiente para preencher todos os lugares a que teria direito.
O partido dos piratas berlinenses é um partido que defende
  • o uso livre da Internet,
  • que a cidade de Berlim tenha um serviço gratuito de Wireless,
  • e que todos os cidadãos de Berlim recebam um rendimento mínimo garantido.
Este é o seu programa político. Dá para perceber que os membros deste partido não têm quaisquer dúvidas sobre aquilo que querem para eles, a saber: ter dinheiro quanto baste para comer umas sandes e beber umas coca-colas enquanto navegam livre e gratuitamente na Net.
Mas que querem eles para os outros? Isso, eles não sabem, pelo menos enquanto não perceberem o que se passou nestas eleições que, segundo parece, eles próprios não levaram muito a sério.
Tudo leva a crer que não serão sequer capazes de perceber o que significa a percentagem de votos que alcançaram, enquanto não a plasmarem numa folha de Excel.
Esta coisa de eleger, para deputados, candidatos de um partido dito dos piratas não é grave, se por grave entendermos aquilo que faz vibrar as nossas entranhas ao ritmo da gravidade da coisa. Não, neste sentido, não é grave. É mais do tipo agudo que fere os ouvidos e irrita a meninges.
Mais grave é o sadismo urbanistico dos autarcas que gerem praias do Norte de Portugal, quando insistem em plantar palmeiras nas avenidas da beira-mar. As desgraçadas têm de lutar tão afincadamente para sobreviver ao vento salgado que as ataca pelo lado do Ocidente, e ao vento gelado que as enregela pelo lado do Norte, que nem tempo têm para crescer e muito menos para fazer sombra.
Mas uma angustiante combinação de graves, capazes de descolar as entranhas de um culturista abdominal, e de agudos, capazes de pôr um surdo a ouvir, é este sadismo luso-europeu que insiste em levar o povo a, garbosamente, lutar para sobreviver, que até se esquece de viver e de se refrescar, uma vez por outra, à sombra de uma qualquer palmeira, raquítica que seja.
O partido dos piratas até nem está mal pensado, se compararmos a idiotice que representa com a velhacaria que combate.

sábado, 24 de setembro de 2011

O Problema da Imortalidade



O problema da imortalidade é que ela mata quem a procura.
A enzima responsável pela imortalidade das células, afinal, provoca o cancro. Já se sabia que as células cancerosas são, por via de regra, imortais. Só morrem se forem assassinadas ou se forem forçadas a suicidar-se.
Pois bem: a enzima da imortalidade das células provoca cancro.
A imortalidade é uma doença mortal
Quem diria?

quinta-feira, 22 de setembro de 2011

Empatia. O que é isso?




Conduzindo passo a passo os americanos presentes na sua palestra na TEDxPSU através do processo de pensamento, o sociólogo Sam Richards lança um desafio extraordinário: será possível compreender - não aprovar, mas compreender - as motivações de um rebelde iraquiano? E consequentemente, será possível que alguém consiga genuinamente compreender e ter empatia com outro?

Os Riscos da Dívida Soberana sobre a Actividade Bancária

Vale a pena ler este extracto do "Le Monde" de 22 de Setembro de 2011:
Afinal, quais são os países que estão a criar problemas ao sistema financeiro?

"Sur cette somme des risques, 60 milliards d'euros proviennent de la dette de la Grèce, 20 milliards de l'Irlande et du Portugal, et 120 milliards de la Belgique, de l'Espagne et de l'Italie. Le FMI estime à 100 milliards d'euros supplémentaires le coût des risques liés aux banques de ces six pays. "Cette estimation ne mesure pas les besoins en fonds propres des banques, qui exigeraient une évaluation complète de leurs bilans et résultats", a précisé le Fonds. Le chiffre a provoqué, selon le Financial Times, une vive controverse entre FMI et Européens quand il a été présenté au conseil d'administration, fin août. Mais le Fonds l'a maintenu, et prévient que la crise ne devrait pas se calmer d'elle-même."

Um gato como Deve Ser

sábado, 17 de setembro de 2011

Surtout ne manquez pas la CÉLÉ-bration qui aura lieu au siège de l'OCDE, à Paris!


M. Barbosa
Bulletins

Surtout ne manquez pas la CÉLÉ-bration qui aura lieu au siège de l'OCDE, à Paris!

Le 29 septembre 2011, venez assister à une exposition et des débats qui seront diffusées en direct sur le Web. Nous allons CÉLÉ-brer le lancement de notre publication phare Designing for Education: Compendium of Exemplary Educational Facilities 2011. L'exposition ouvrira ses portes à 15h00 et la webdiffusion démarrera à l'Auditorium de l'OCDE à 16h00. Si vous ne pouvez y assister, vous pouvez suivre l’évènement sur OECD TV à l'adresse http://webtv.oecd.org/.

De plus amples détails sont disponibles sur le site www.oecd.org/edu/facilities/compendiumlaunch ou auprès deHannah.vonAhlefeld@oecd.org.

Regards sur l'éducation 2011

Panorama 

OCDE
Date de publication : 13 sep 2011 ISBN : 9789264117457 (HTML) ; 9789264117440 (imprimé) DOI :10.1787/eag_highlights-2011-fr

Regards sur l’éducation 2011 : Panorama offre une version résumée du recueil phare de statistiques sur l’éducation de l’OCDE, Regards sur l’éducation. Cet ouvrage présente des données facilement accessibles sur tous les thèmes clés intéressant l’éducation de nos jours, notamment :

Les niveaux d’enseignement et les effectifs scolarisés : quel niveau d’études les adultes ont-ils atteint, et de quel degré d’accès à l’éducation les jeunes bénéficient-ils ?
Les avantages économiques et sociaux de l’éducation : comment l’éducation influe-t-elle sur les perspectives d’emploi de la population, et quel est son impact sur les revenus ? 
Le financement de l’éducation : quelle part de leur budget les États consacrent-ils à l’éducation, et quel est le rôle des sources de financement privées ?
Le cadre scolaire : combien d’heures les enseignants travaillent-ils, et dans quelle fourchette les effectifs des classes varient-ils ?
Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) : des résultats issus du cycle 2009 de ce programme lancé par l’OCDE afin d’examiner les compétences des élèves de 15 ans dans 70 pays ou territoires figurent dans une section spéciale.
Chaque indicateur est présenté sur une double page. Sur la page de gauche, le lecteur trouvera des explications sur la signification de l’indicateur, une analyse des principales conclusions, un examen des grandes tendances, et des indications générales permettant de trouver de plus amples informations dans les bases de données et autres publications de l’OCDE consacrées à l’éducation. Sur la page de droite figurent des graphiques et tableaux clairement présentés, assortis d’hyperliens dynamiques (StatLinks) qui renvoient le lecteur aux tableaux de données Excel™ correspondants.

sábado, 10 de setembro de 2011

LA NOUVELLE ECOLE CAPITALISTE de Christian Laval – Análise Crítica

Que l’école serve le capitalisme, ce n’est pas vraiment un scoop. Cette idée a été au centre, particulièrement dans la décennie 1965-1975, d’une série de recherches importantes. Cela avant que la critique des inégalités scolaires ne soit, au cours des années 1980-1990, mise au placard des vieilleries marxisantes par la pensée anti-68. L’ouvrage dirigé par Christian Laval doit relever deux défis : d’une part,montrer en quoi l’école capitaliste d’aujourd’hui se différencie de l’école capitaliste d’hier ; d’autre part, critiquer l’école qui se met actuellement en place sans idéaliserl’ancienne “école républicaine”. En effet, aucun domaine n’est aussi fortement imprégné, aujourd’hui, de “républicanisme”, que l’école. L’idéologie néorépublicaine, ce poison qui est en train d’envahir la pensée française, de l’extrême gauche à l’extrême droite, avec ses relents de xénophobie, de moralisme et de nationalisme, ne se nourrit-elle pas, elle aussi, de la dénonciation, au moins verbale, du“capitalisme” ? Les auteurs se tirent plus ou moins bien de ces deux difficultés.

“Princesse de Clèves”

L’ouvrage offre un bilan bien informé et minutieux des mesures qui ont progressivement changé les contours de l’école. On peut donc le lire comme une sorte de vade-mecum, clair et documenté, du néolibéralisme contemporain.

On y apprend que le tournant néolibéral de l’éducation s’est opéré non par l’intermédiaire de décisions fracassantes, susceptibles de susciter des mobilisations d’envergure (ce qu’aurait été, par exemple, l’instauration d’une “sélection” à l’entrée dans l’université), mais par le truchement d’une multiplicité de mesures parcellaires, apparemment strictement techniques ou budgétaires. Cela conformément à la logique du “réformisme incrémental” qui inspire les nouvelles formes de gouvernance au temps de “l’Etat managérial” : ne pas “supprimer ce qui existe déjà” mais “rendre caduque” l’ancien état de choses, et imposer des“situations irréversibles” pour “neutraliser les résistances”, comme le conseillent les économistes Philippe Aghion et Elie Cohen dans un rapport de 2004 cité par l’ouvrage. Parmi ces mesures, il faut mettre au premier plan celles qui concernent les modes d’évaluation et de sélection, non seulement des élèves, mais aussi des enseignants, des établissements scolaires (assimilés à de quasi-entreprises dirigées par des “patrons”), des cursus, des chercheurs, des laboratoires, des universités, etc. Elles reposent sur un usage abusif de critères quantitatifs et sur la publication de palmarès qui sont censés stimuler la concurrence, conçue comme une sorte de lutte de tous contre tous.

Comme le soulignent les auteurs, la mise en place de ces mesures, associées à un “système de punitions et de récompenses” individuelles, va également de pair avec des techniques de contrôle tracassières qui réduisent considérablement l’autonomie dont disposaient les enseignants et les chercheurs dans la détermination de leurs méthodes de travail et dans l’interprétation des cadres réglementaires. L’application des procédures de management venues de l’entreprise n’a pas eu seulement des objectifs d’économies budgétaires. Elle a cherché aussi à casser les solidarités, les valeurs et les cultures de métiers qui conféraient aux professionnels de l’éducation, de la culture, de la santé ou du travail social un pouvoir de résistance face aux volontés administratives et politiques.

La question de la sélection est bien sûr centrale. Dans l’ancienne école capitaliste, elle reposait sur l’appréciation, implicite ou explicite, d’aptitudes et de manières d’être qui étaient transmises, pour une large part, par l’éducation familiale. Pour ledire vite, les dispositions et les savoirs que privilégiait l’école étaient ceux dont bénéficiaient les enfants de la bourgeoisie. On pouvait donc parler d’une “école de classe”. Ces qualités intellectuelles et humaines jouaient un rôle central dans l’accès aux positions privilégiées. Mais leurs fonctions utilitaires étaient recouvertes par le dogme de l’amour gratuit du savoir. A l’inverse, pour la nouvelle école capitaliste, la “connaissance” n’est qu’un “capital” de “compétences”, de“savoir-faire” et de “savoir-être” appréciés à l’aune des profits que l’on peut enattendre. A la culture des humanités, désormais considérée comme un luxe inutile (voire ridicule), elle tend à substituer une autre culture, transmise par les écoles d’ingénieurs et surtout de commerce. Dans ce contexte, La Princesse de Clèves,emblème, il n’y a pas si longtemps, de la “culture bourgeoise”, s’est transmué en symbole de la lutte contre la marchandisation de l’enseignement. Bref, sauf àconsidérer que les sociologues critiques des années 1970 s’étaient fourvoyés (ce que ne font pas les auteurs), sans doute faut-il reconnaître qu’à une certaine école de classe s’est substituée une autre école de classe.

Les premières victimes

Or l’ouvrage n’échappe pas toujours au risque du “c’était mieux avant”. Par exemple lorsqu’il oppose “l’Etat managérial” actuel à l’ancien “Etat social et éducateur”. Cette difficulté est précisément celle à laquelle Marx, auquel il est souvent fait référence ici, a su échapper : il a évité de s’appuyer sur les valeurs de la société traditionnelle et patriarcale pour critiquer le capitaliste en train de s’établir.

Pour conclure, l’école joue toujours un rôle central dans le maintien des inégalités sociales, et cela plus brutalement encore au cours des cinq décennies qui viennent de s’écouler. Mais elle le fait différemment et au profit de groupes différents. Outre les enfants des classes populaires et, particulièrement, des familles “issues de l’immigration” qui en sont les premières victimes, les nouvelles formes de sélection peuvent aussi défavoriser ceux qui appartiennent à ce que l’on appelait la“bourgeoisie”, ou la “petite bourgeoisie”, ou les “classes moyennes” - comme vous voulez. Particulièrement, des classes moyennes qui avaient foi dans l’Etat, et dont les enseignants étaient, en quelque sorte, l’avant-garde.

En revanche, cette culture marchande donne, plus que jamais, un avantage souverain aux enfants de la classe dominante (scolarisés, dans leur grande majorité, dans des écoles privées). Comme si la frontière séparant les vrais privilégiés des autres s’était déplacée vers le haut. En ce sens, les changements qui affectent l’école sont peut-être, à la fois, les facteurs et les symptômes d’un changement profond de la structure des classes sociales. Mais, pour s’engagerplus avant dans l’analyse de ce processus, il aurait fallu que les auteurs parviennent à se libérer, avec plus de détermination, du fantasme de l’Etat“éducateur”, “social” et, finalement, “libérateur” et “juste”. Peut-être est-il trop tôt pour le faire. Peut-être l’essentiel est-il aujourd’hui d’offrir à un large public (cultivé) des faits et des arguments susceptibles de nourrir son indignation, ce que les auteurs font avec maestria. Alors, avec eux, indignons-nous. Il y a vraiment de quoi.

LA NOUVELLE ECOLE CAPITALISTE de Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux. La Découverte, “Sciences humaines”, 274 p., 19,50 €.



Luc Boltanski, sociologue