quinta-feira, 21 de maio de 2009

"Docteur, j'ai peur d'avoir Alzheimer"


Où sont mes clés ? Qu'étais-je en train de dire ? Où est garée ma voiture ? Qu'est-ce que je suis venue chercher dans cette pièce ?..." De plus en plus de personnes se plaignent de trous de mémoire, affirme la journaliste américaine Martha Lear dans son ouvrage Où sont passées mes lunettes ? (Belfond, 232 pages, 17,50 euros).

Sur fond de peur de la maladie d'Alzheimer, les trous de mémoire dits "bénins" se multiplient. "Plus de la moitié des gens de plus de 50 ans se plaignent de leur mémoire. Il y a 11 % de plaintes mnésiques dans mon service, et ce chiffre tend à augmenter", constate le professeur Bruno Dubois, neurologue à l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière, qui a préfacé le livre de Martha Lear. Ce constat est partagé par d'autres médecins, comme le professeur François Blanchard, responsable du pôle gériatrie du CHU de Reims (Marne). Mais avoir parfois la mémoire qui flanche n'a rien d'anormal.

"Les plaintes de mémoire ne signifient pas forcément déficits de mémoire. Ce type de troubles est un phénomène banal", tempère le professeur Dubois. "Tous les spécialistes de la mémoire peuvent vous raconter les affres des super-manageurs qui arrivent à la consultation en tremblant et leur demandent : "Docteur, est-ce que j'ai Alzheimer ?"", explique Mme Lear. L'appréhension de la maladie d'Alzheimer - qui touche environ 850 000 personnes en France et dont la prévalence augmente du fait de l'allongement de l'espérance de vie - est très forte ; d'autant plus forte que cette pathologie génère un fort sentiment d'impuissance.

Les trous de mémoire sont souvent liés à des troubles attentionnels qui s'expliquent par l'évolution de nos sociétés modernes et le stress de la vie quotidienne. Abreuvé d'informations, d'Internet, d'appels sur le téléphone mobile, de SMS et de courriels... le cerveau doit gérer de plus en plus de flux en même temps. Et la mémoire est de plus en plus sollicitée."Comment notre système attentionnel pourrait conserver une trace de toutes ces informations, qui, à peine lues ou entendues, sont déjà remplacées par d'autres ?, questionne le professeur Dubois. Notre cerveau ne s'est pas (ou pas encore !) adapté à cette évolution si récente."

En outre, "les situations anxiogènes peuvent provoquer des troubles de l'attention, de mémorisation, de concentration", liste Elisabeth Grebot, psychologue spécialiste du stress. "Les troubles liés à la dépression, le stress, la fatigue, les insomnies, les excès d'alcool, etc., sont autant de facteurs qui peuvent avoir une influence", complète le professeur Blanchard.

"AUTOROUTE DES SOUVENIRS"

Dans ce contexte, comment faire la part des choses entre les troubles de mémoire bénins et une pathologie ? En analysant la réalité des maux et en pratiquant des tests. Les médecins font souvent passer un test cognitif assez simple : faire lire une liste de cinq mots (sauterelle, limonade, camion, musée, passoire), puis demander de nommer la boisson, l'insecte, le véhicule... et de répéter les cinq mots. Après un laps de temps, renouveler l'épreuve. Si la personne ne retrouve pas les mots, même avec les indices, il faut aller plus loin.

Le plus souvent, "les patients souffrant de la maladie d'Alzheimer ne se plaignent d'aucun trouble", rappelle le professeur Dubois. Les troubles de la mémoire augmentent essentiellement avec l'âge. "Le vieillissement entraîne la baisse des ressources attentionnelles. Or, une information mal enregistrée ne sera pas récupérée", souligne-t-il. "Ce sont les fonctions cognitives qui sont modifiées avec l'âge, comme la rapidité d'exécution, le calcul, la concentration, mais pas forcément la mémoire", tempère le professeur Blanchard.

La mémoire fonctionne en trois étapes. D'abord, l'enregistrement, ou l'encodage, lorsque le cerveau acquiert les informations ; puis, le stockage, la fixation des données ; enfin, la récupération d'information, dans laquelle intervient l'expression du souvenir, conscient ou inconscient. "Une fois l'information perçue, le cerveau l'analyse et la transfère vers l'hippocampe, véritable péage de l'autoroute des souvenirs, une voie automatique qui permet de graver les informations dans le disque dur, résume le professeur Dubois. Une chose est sûre, mieux on encode l'information, plus on a des chances de la mémoriser." Si le sujet n'est pas attentif, l'information ne sera pas bien enregistrée et donc mal récupérée.

"Il ne faut pas oublier l'aspect émotionnel, l'état d'implication...", analyse le professeur Blanchard. Notre "disque dur" a des ratés et ne conserve pas toutes les informations.

Pour booster sa mémoire, il n'y a pas de remède miracle. Les spécialistes donnent des conseils qui peuvent s'appliquer à toute personne soucieuse de son hygiène de vie : se nourrir sainement, faire attention aux excès, notamment d'alcool, éviter le stress, bien dormir, faire de l'exercice physique et mental. Pour retenir les noms ou les chiffres, il faut utiliser des moyens mnémotechniques et faire des listes. L'une des meilleures façons de faire travailler son cerveau est de multiplier les relations sociales. Bref, sortez

et bougez !

quarta-feira, 20 de maio de 2009

APRENDER A SER PAI

SIDACTION

Quel réseau social pour moi ?










Chloé* regrettera longtemps son imprudence. Portée pâle d'un vendredi à un lundi en mars, l'apprentie revient fraîche comme une fleur mardi au bureau. Sa collègue lui jette un regard consterné: elle vient de suivre les aventures de Chloé à Londres. Loin d'avoir été clouée au lit, elle s'est offert un week-end prolongé et ne s'est pas privée de le raconter en direct sur le site de socialisation. Du coup, Chloé a dû s'expliquer face à ses supérieurs.

Mélanger ses amis et ses relations professionnelles sur un site de socialisation, ce casse-tête nous concerne tous. Mais ce n'est pas le seul. De quel réseau faut-il faire partie? Quelles informations doit-on publier en ligne? A quelle fréquence actualiser son profil? Des questions d'autant plus sensibles que notre boîte de messagerie regorge de demandes pour faire partie de nouveaux réseaux. Il y a Facebook, MySpace ou Linkedin, bien sûr, mais aussi Xing, Viadeo, Plaxo, Twitter, Friendster ou encore hi5...

"JE NE VOIS PAS L'UTILITÉ DE RACONTER MA VIE PRIVÉE SUR INTERNET"

Formateur d'adultes à Lausanne dans une multinationale, Roger* se concentre sur le réseau professionnel Linkedin. "Je l'utilise comme un carnet d'adresses mis à jour en permanence. C'est nettement plus efficace qu'Outlook, puisque mes contacts, qu'ils soient mes clients ou mes collègues à l'étranger, actualisent directement leur profil." Roger apprécie aussi les newsletters envoyées chaque semaine par Linkedin. "Elles me permettent de suivre le développement des réseaux de mes clients, ce qui m'intéresse pour mes propres affaires."

Roger est absent de Facebook. "Je ne vois pas l'utilité de raconter ma vie privée sur Internet. Sur Linkedin, seul mon CV professionnel est d'ailleurs disponible. Je ne mets aucune information privée."
Nous sommes nombreux à nous inscrire à des réseaux, et à ne plus jamais y toucher ensuite. C'est le cas de Novak*, manager d'un département fiscal au sein d'une grande société de conseil à Lausanne. Si l'on cherche son nom sur Google, l'une des premières occurrences est Plaxo, le site de partage de cartes de visite. "Ah! oui, vraiment? Je l'avais oublié. Les informations ne doivent plus être à jour, je vais regarder. J'utilise avant tout Linkedin pour suivre avec attention mes clients: ce qu'ils deviennent, avec qui ils sont en contact. Certains collègues effectuent aussi ainsi de la prospection."

Novak s'est aussi inscrit, sur Linkedin, à des groupes de discussion sur des sujets très pointus en matière de taxation. "Le site m'a aussi permis d'être contacté par des chasseurs de têtes", poursuit-il. Très peu actif sur Facebook, il est aussi membre de Xing: "mon employeur précédent y a créé un réseau d'anciens collègues qui pourra m'être utile un jour."
D'abord enthousiaste vis-à-vis de Facebook, Rafael*, employé d'une banque privée à Genève, est devenu prudent. "Au début, je mettais en ligne des photos et j'acceptais beaucoup de monde comme amis, dont des collègues actuels ou anciens. Mais j'ai vu que des collègues d'une autre banque mettaient en ligne des vidéos tournées au bureau. Je me suis aussi rendu compte que certains employés des ressources humaines étaient présents sur Facebook. Du coup, j'ai retiré une grande partie de mon contenu." Rafael va désormais plus loin. Sa compagne ne souhaite apparaître sur aucune de ses photos en ligne. Il doit donc parfois demander à des amis de retirer de Facebook leurs photos prises lors de soirées.

QUELS RÉSEAUX PRÉFÉRER?

"Il faut accepter que vos amis et vos relations professionnelles soient présents sur Facebook", estime Hervé Bloch, directeur de la société de marketing en ligne Emailvision pour l'Europe centrale et de l'Est. L'homme est un utilisateur averti des réseaux sociaux: 1900 contacts sur Linkedin, 3500 en tout sur ses réseaux. "Mon profil Facebook est sérieux et "clean", j'y ai mis mon CV complet, comme sur Linkedin. J'ai certes craqué en mettant des photos de ma petite fille, mais c'est tout: rien sur ma religion ou mes affinités sexuelles." Averti dès qu'il est identifié sur une photo mise en ligne, Hervé Bloch "la "détague" dans la minute si elle ne convient pas".

Quels réseaux préférer? "Linkedin est le meilleur pour la qualité des personnes, le côté international et la crédibilité du réseau. Mais si vous voulez développer vos contacts dans le monde francophone, Viadeo est tout indiqué", poursuit Hervé Bloch. Toujours dans le domaine professionnel, Xing, d'excellente qualité, est fortement développé en Suisse, en Allemagne et en Europe de l'Est. "Les Romands doivent aussi s'intéresser à Rezonance: la majorité des acteurs importants du monde professionnel romand y sont", assure Hervé Bloch. Celui-ci a aussi goûté au site ASmallWorld.net, sans l'apprécier: "On n'y entre que via cooptation, et les membres y parlent de leur dernier achat de jet privé… Amusant mais peu utile."

Mieux vaut se concentrer sur deux ou trois sites, afin de ne pas diluer ses efforts. Mais pour certaines professions, la question même de la présence sur un site de socialisation se pose. André*, enseignant auprès de jeunes de 16 à 20 ans à Morges, n'a aucune vie en ligne. "Je n'ai aucune envie que mes élèves aient accès à des informations sur moi ou des photos sur un site. Ils sont nombreux à me demander d'être présent sur Facebook: mais comment être ami avec eux alors qu'ils sont mes élèves que je vouvoie? Ce serait absurde."

*Prénom d’emprunt.

Anouch Seydtaghia

domingo, 17 de maio de 2009

La France / l'Espagne - promenade de nuit

Image du film Nocturna © Gebeka films

Nocturna

Réalisé par Víctor Maldonado et Adrià García - France / Espagne - 2007 - 1h20

À partir de 6 ans

Programme

Qu'arrive-t-il à la nuit tombée, lorsque l'on s'endort et que l'on rêve ? Se pourrait-il que quelqu'un quelque part soit responsable du bon déroulement des "choses" de la nuit ? Un soir, alors que tout le monde dort, ...

MODELO BIOECOLÓGICO DO DESENVOLVIMENTO


BRONFENBRENNER

domingo, 10 de maio de 2009

Le « développement durable » Une pollution mentale au service de l’industrie



Benoît Eugène

Résumé


Les grands pollueurs ont tout intérêt à ce que le « développement durable » soit avant tout un problème de responsabilisation du consommateur-citoyen, faisant ainsi de la pollution un problème de manque de civisme et de la consommation une solution : la meilleure façon de protéger la nature, c’est encore de consommer… Et le consommateur n’a plus que l’embarras du choix : entre Leclerc et Carrefour, lequel soutenir de son acte d’achat « écologique » et « éthique » ? Quelle enseigne oligopolistique vouée à la consommation de masse, poussant au productivisme, au dumping social et aux délocalisations, jetant sur les routes un flux exponentiel de camions, est la plus engagée sur la voie du « développement durable » ?

sábado, 9 de maio de 2009

Propagande & contrôle de l’esprit public - Noam Chomsky



Résumé

Toute l’histoire du mouvement syndical nous l’apprend. Et c’est ce que la main-d’œuvre ouvrière de Lowell avait parfaitement compris il y a 150 ans de cela. Il s’agit d’une bataille très importante, car il ne suffit pas simplement d’affronter des gens qui invoquent la « Loi sur le droit-de-travailler » – pour briser les grèves. Il faut aussi se battre contre nos cinq heures quotidiennes de télévision, l’industrie cinématographique, les manuels et le système scolaires ainsi que tout le reste.

La conspiration:Quand les journalistes (et leurs favoris) falsifient l’analyse critique des médias



Résumé



Chomsky a un jour expliqué le sens des attaques dont il était la cible : « Tout commentaire analytique de la structure institutionnelle du pays est une menace si importante pour la classe des “commissaires” qu’ils ne peuvent même pas l’entendre. Donc, si je dis qu’il n’y a pas de conspiration, ce qu’ils entendent c’est qu’il y a une conspiration. Ce système de croyances est très verrouillé. » C’est pourquoi la transformation de toute analyse des structures de l’économie et de l’information en « théorie du complot » s’inscrit dans une logique d’ensemble.

The phoneme in cognitive phonology: episodic memories of both meaningful and meaningless units?



Riitta Välimaa-Blum

Résumé


Si l’on accepte la nature fondamentalement symbolique du langage, comme le propose la linguistique cognitive, il faut se poser la question de savoir si, en plus des unités symboliques, les locuteurs forment des structures mnésiques, parmi lesquelles certaines seraient dépourvues de sens, tels que les phonèmes. Dans le cadre de la théorie des exemplaires, l'unité de représentation fondamentale en phonologie est vue de deux manières différentes. L’une de ces approches propose que les locuteurs conservent en mémoire d’innombrables exemplaires de phonèmes tandis que l’autre prend pour unité de base le mot. Des études psycholinguistiques démontrent que la représentation mentale du lexique contient des exemplaires des mots entièrement spécifiés pour tous les traits phonologiques. Les acquis neurolinguistiques plaident pour un lexique auditif plutôt qu’articulatoire. Dans cet article je cherche à démontrer que les locuteurs ne conservent que des exemplaires d’unités symboliques, et que la formation de myriades d’exemplaires autonomes des phonèmes n'est pas seulement non motivée mais aussi problématique.